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Présentation de l’éditeur

Juliana Kant, une des femmes les plus riches d’Allemagne, a une brève aventure avec un homme dont elle ne sait rien. Mais, au bout de quelques mois, l’homme menace de révéler l’histoire à la presse : leurs ébats ont été filmés. Juliana la milliardaire dénonce le gigolo. On emprisonne celui-ci, la morale est presque sauve. Pourtant, tout n’est pas si simple qu’il y paraît… Dans ce roman troublant, Karine Tuil dévoile la toile de fond de cette aventure risquée : quelle est l’origine de la fortune familiale ? Pourquoi le grand-père de Juliana, premier mari de Magda Goebbels et militant nazi, n’a-t-il pas été arrêté à la fin de la guerre ? Sait-on que le père d’adoption de Magda était un juif qu’elle a renié puis laissé mourir ? Pourquoi les Kant ont-ils gardé le silence sur leurs activités industrielles sous le Reich ?

Mon avis

Dans Six mois, six jours, Karine Tuil nous plonge dans l’univers d’une des familles les plus riches d’Allemagne… En partant d’un chantage qui est fait à l’héritiére des Kant (dirigeants des sociétés BAKTA et K&S), on glisse dans le passé familial peu glorieux à l’époque d’Hilter. Cette saga familiale est contée à une écrivaine par Karl Fritz, homme cynique, désinvolte et agressif, qui fût au service des Kant (considéré comme de la famille) pendant cinquante ans et qui fût renvoyé sans égards suite au chantage fait à Juliana Kant.

L’histoire commence donc par l’escapade amoureuse de Juliana avec un séducteur , Herb Braun, qui se révélera être un maître chanteur (récit inspiré par le fait divers qui a touché la famille Klatten, propriétaire de BMW et Varta). Cela va sceller le renvoi de Karl Fritz et par vengeance celui-ci va révéler les dessous de la famille Kant. Mais, doit-on croire tout ce que dit ce vieil homme, aigri pour avoir été chassé comme un malpropre par la famille à laquelle il avait vendu son âme? Il le dit lui-même, les faits viennent de la réalité mais aussi de son imagination!

Le premier théme du livre est la responsabilité des enfants vis à vis des crimes de leurs pères. Herb Braun utilise la faiblesse d’une femme peu épanouie dans son mariage et son charme pour se venger des travailleurs juifs qui mourraient en six mois dans les usines d’armement de la famille Kant. Le deuxième (qui est le plus important) est l’amour fou qui pousse au drame: celui de Juliana qui révélera son infidelité  aux yeux de tous comme celui de Magda qui épousera Goebbels (ministre de la propagande nazi) et qui lui fera renier son pére adoptif juif.

L’écriture de ce roman est parfois déconcertante car seul Karl Fritz parle et la journaliste  n’intervient jamais en direct mais seulement par les réflexions (désobligeantes) de cet homme… Les paroles (peu présentes) de Juliana sont aussi glissées dans le discours de Fritz sans distincion… ce qui n’empêche pas que ce roman soit bien écrit et bien rythmé même si le style est haché ainsi qu’agressif!

Le seul bémol de ce livre est le dernier chapitre de trente pages concernant le pére adoptif de Magda renié par cette dernière à cause de son judaisme lors de son mariage avec Goebbels. Certes, on en apprend un peu plus sur cette femme et le désespoir de cet homme mais cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe… Ce qui est le plus surprenant est que le narrateur n’est plus Karl Fritz mais le père adoptif de Magda….

 

Editeur : Lgf/ Livres de poche
Date de parution : 24/08/2011
Langue : Français
Format : poche
ISBN-13 : 9782253159728
Collection : Ldp litterature & documents – 32294
 
 
 
 

 
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