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Voici d’autres livres qui ont retenu mon attention lors de cette rentrée littéraire de janvier 2012

 

Le sillage de l’oubli de Bruce Machart

Texas, 1895. Un propriétaire terrien voit la seule femme qu’il a
jamais aimée mourir en mettant au monde leur quatrième fils,
Karel. Vaincu par la douleur, l’homme entraîne ses enfants
dans une vie austère et brutale. Pour lui, seuls comptent
désormais ses chevaux de course, montés par Karel, et les
paris qu’il lance contre ses voisins pour gagner toujours plus
de terres. Mais l’enjeu est tout autre lorsqu’un propriétaire
espagnol lui propose un pari insolite qui engage l’avenir des
quatre frères. Karel s’élance dans une course décisive, avec
pour adversaire une jeune femme qui déjà l’obsède. Premier
roman éblouissant, Le Sillage de l’oubli a valu à son auteur
d’être comparé à William Faulkner. A travers une écriture
vertigineuse, Bruce Machart dresse le portrait sans concession
d’une famille déchirée en quête de rédemption.

Paru le 5 janvier 2012 aux Editions Gallmeister. prix : 23.60 euros

 

 

Alice de Judith Hermann

Si elles ne constituent pas un roman, les cinq textes qui composent ce recueil sont fortement reliées par la présence de l’héroïne, Alice, l’évocation récurrente de certains personnages, et la thématique : chaque nouvelle a pour titre un nom d’homme et, chaque fois, cet homme va mourir, meurt ou est mort. Il s’agit d’un homme jeune qu’Alice a aimé ( » Micha « ), d’amis plus âgés ( » Conrad « ,  » Richard « ), d’un oncle qui s’est suicidé à 22 ans, juste avant la naissance d’Alice ( » Malte « ) ou du mari d’Alice ( » Raymond « ). Sans aucun artifice, Judith Hermann réussit à créer des ambiances extrêmement fortes et tendues et à rendre avec émotion et justesse les sensations, les pensées fugitives, les moments d’irréalité, le vécu très particulier de ces situations liées à la mort d’un proche. En mettant au service de ce thème grave son style, sa sensibilité, sa finesse, Judith Hermann n’est plus seulement l’écrivain hyperdouée de la mélancolie et des trentenaires indécis. Elle a grandi et franchi un pas décisif.

Paru le 4 janvier 2012 aux Editions Albin Michel. prix : 18 euros

 

 

Dans la grande nuit des temps de Antonio Muñoz Molina

Avec ces mille pages d’amour et de guerre, Antonio Muñoz Molina reprend les thèmes qui traversent toute son œuvre – la mémoire historique, la conscience morale, l’infinie complexité des sentiments- et signe non seulement son plus beau roman mais aussi un véritable chef-d’oeuvre.Dans ce livre total, politique et sentiments sont les deux faces d’une tragédie qui plonge le personnage principal Ignacio Abel dans une spirale qui lui fera perdre son amour, son pays et son engagement. A la fin de 1936, cet architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte les marches de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté. Il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine perdue, poursuivi par les lettres accusatrices de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita. Antonio Muñoz Molina le regarde chercher le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l’Hudson, Reinheberg, et reconstruit dans un époustouflant va et vient dans le temps la vie d’Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène arriérée et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques. Cette grande fresque sur les heures qui ont précédé la prise de Madrid par les franquistes – où se croisent nombre de personnages historiques et littéraires- est aussi un roman intimiste et charnel qui fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine.

Paru le 5 janvier 2012 aux Editions du Seuil. prix : 23 euros

 

L’abandon de Peter Rock

Une adolescente de treize ans vit, avec son père, dans une réserve naturelle de l’Oregon, loin des villes, en évitant tout contact avec d’autres personnes. Que fuient-ils ? Pourquoi se cachent-ils ? Elle ne se le demande pas. Car, pour vivre cachés si ce n’est heureux, il ne faut penser qu’à cela et consacrer toute son attention à ce mode de vie invisible. Un jour, le père baisse sa garde, les ennuis commencent et la vérité apparaît peu à peu. On n’échappe pas à son histoire, même en se terrant durant des années. L’écriture de Peter Rock, sans pathos et pourtant profondément émouvante, proche de Steinbeck et Thoreau, installe une tension grandissante au fil des pages. Il crée avec son personnage principal une figure inoubliable du roman américain contemporain.

A paraître le 26 janvier 2012 aux Rue Fromentin Editions. prix : 16 euros

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