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Présentation de l’éditeur

Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte sur le coup avec les autres passagers. Commence alors pour Paul Sneijder une étrange retraite spirituelle qui le conduit à remettre toute son existence en question. Sa femme (qui le trompe), ses deux fils (qui le méprisent), son travail (qu’il déteste, et qu’il finira par quitter), tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un job, il tombe sur l’annonce qui va lui sauver la vie : il devient promeneur de chiens pour l’agence DogDogWalk… Le cas Sneijder est un livre bouleversant sur un homme qui refuse de se résigner à la perte de sa raison de vivre. Mais ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie saugrenue dans laquelle Jean-Paul Dubois donne libre cours à la fantaisie la plus débridée : entre une esquisse d’une Théorie générale des ascenseurs, la description d’un adultère qui n’échappe pas au grotesque et une plongée dans le monde des promeneurs de chiens, l’auteur d’Une vie française affirme à nouveau son goût pour l’humour noir.
 
 
Mon avis
 
Le cas Sneijder est un roman qui allie dérision, humour noir et gravité. On assiste à la vie de Paul après un accident d’ascenseur dans lequel il a perdu Marie, sa fille née d’un premier mariage. Cet événement remet sa vie en question. Il laisse échapper les sentiments qu’il avait enfouis au plus profond de lui. La haine pour sa deuxième épouse et ses jumeaux engendrés lors de cet union éclate. le fait que ses trois personnes n’aient jamais admis Marie dans le cercle familiale, même après sa mort,  exacerbe les sentiments haineux de Paul qui n’avait jamais su s’opposer à sa deuxième famille auparavant. Les mots sont durs mais toujours maniés avec humour. Tout est bouleversé chez lui, même sa situation professionnelle. Ne supportant plus d’être confiné dans un lieu fermé avec d’autres personnes, il décide de devenir promeneur de chien même s’il doit supporter son allergie aux poils de chien qui se déclare ou ramasser les déjections de ses compagnons de promenade. De plus, après l’accident d’ascenseur, Paul veut savoir pourquoi et comment ce drame a pu arriver. Il nous plonge dans ses recherches qui l’obsédent auprès des cendres de sa fille.  On découvre le monde des ascenceurs, leurs histoires mais aussi les changements qu’ils ont créés dans la société (le monde verticale qui a pris le dessus sur le monde horizontale entre autres). La réflexion sur notre société est très bien menée (l’espace vital de chaque personne par rapport à la situation dans laquelle elle se trouve…) et toujours empreinte de dérision. L’ascenseur est montré en tant qu’appareil symbolisant nos vies urbaines, nous obligeant à la promiscuité des autres, et faisant de nous de êtres (trop) disciplinés.
 
Grâce à l’écriture agréable de Jean Paul Dubois, j’ai suivi avec plaisir Paul dans ses réflexions, ses obsessions et son quotidien malgré une deuxième moitié du livre un peu en deça de la première. Prendre l’ascenceur est devenu une expérience : on  regarde les espaces laissés entre chaques personnes, on appuie sur les boutons pour vérifier si ce qui est écrit dans le roman est authentique ( j’émet une réserve sur le bouton maintenant les portes ouvertes plus longtemps…).
 
 
Je remercie Libfly ainsi que les éditions de l’Olivier de m’avoir permis de lire Le cas Sneijder de Jean Paul Dubois.
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