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mozambique

Présentation de l’éditeur

C’est par la traque puis la vengeance d’un fugitif que débute ce recueil de récits, et c’est dans l’énigme d’un meurtre inexpliqué qu’il se referme. Comme si une part de la vérité du monde – la plus inhumaine, celle qui stigmatise l’histoire intime ou collective – devait à jamais défier notre raison. De toutes époques et de tous lieux, les personnages de ce livre ont cette expérience en partage, qu’ils assument dans la proximité de la mort. Désespérés ou lucides, ils revisitent leurs illusions, admettent leurs fautes ou retiennent un instant encore les ultimes bonheurs de l’existence.

Mon avis

Les nouvelles que nous propose Laurent Gaudé dans ce recueil, écrites entre 2000 et 2007, nous permettent de voyager à travers les différents continents et les différentes époques. Leur point commun est la remise en question de soi mais aussi de l’humanité face à la mort.

Le protagoniste principal de chaque nouvelle est confronté à la mort soit par la guerre, la maladie ou la violence de l’homme. Il fait l’analyse de sa vie et de ce qu’il a vécu au seuil de la mort.

Sang négrier narre l’histoire d’un commandant qui a vu cinq esclaves s’échapper de son navire à Saint Malo. une traque se met en place dans toute la ville pour retrouver les évadés. Seul un d’entre eux ne sera jamais rattrapé ni châtié comme ses compagnons d’infortunes et se vengera de ses tortionnaires. L’âme du commandant sera marquée pour toujours par les lynchages et la violence dont a été victimes les cinq esclaves. La violence de la nature humaine est au centre de ce récit.

Gramercy Park Hotel raconte les pensées, les souvenirs et les regrets de Moshe S.Cravicz suite à une agression très violente dont il a été victime en bas de chez lui. Il se remémore son unique amour, Ella, et de leur mariage au Gramercy Park Hotel. Ce récit est tout en finesse, sensible. cette nouvelle est ma préférée car elle permet la réflexion sur la vieillesse, sur le fait d’être le dernier des vivants d’un couple ou même d’un groupe de la même génération. De plus, ce récit met en avant l’idée de la nécessité de vivre l’instant présent.

La nouvelle Le colonel Barbaque relate la vie de Quentin Ripoll, soldat psychologiquemet mort et détruit après avoir vu tant de morts et de violence dans les tranchées de la Guerre 14-18. M’Bossolo, soldat africain mort de la grippe espagnole, lui sauvera la vie. Révolté de voir que des soldats africain sont morts lors d’un guerre qui ne les concernait pas dans l’indifférence la plus totale, il quitte sa vie en France pour partir en Afrique. Lors d’affrontements entre les français colonisateurs et les africains, il choisira le camp de son pays d’accueil et se fera appeler Colonel Barbaque. Ce récit est celui qui m’a le moins touché. j’ai eu plus de mal à rentrer dans l’histoire et à m’identifier aux personnages. Cependant, il met en avant les horreurs de la guerre ainsi que la politique des états colonisateurs.

Dans « Dans la nuit Mozambique », Amiceto de Medeiros, le commandant Paseo, le contre-amiral Da costa et Fernando Pimenta se retrouve dans le restaurant que tient Fernando comme ils le font parfois. Paseo leur raconte l’histoire de la fille de Tigirka qu’il a retouvé morte après un lynchage sur son bateau sans qu’aucune raison ne lui soit donnée. Une nouvelle fois, la nature humaine est le point central de cette histoire : d’un côté la violence des hommes et de l’autre le questionnement sur la violence perpétrée.

Ces différentes nouvelles, parfois à la limite du fantastique où les êtres disparus continuent de hanter les personnes qui les ont cotoyés, touchent le lecteur grâce à l’humanité et la sensibilité qui s’en dégagent. N’étant pas friande de recueils de nouvelles, je me suis surprise à aimer Dans la nuit mozambique grâce aux histoires tout en finesse que Laurent Gaudé a su écrire. La lecture est agréable mais nous permet aussi de réfléchir sur l’Homme et son existence (la violence, la haine, l’amour…).

A lire….

 

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